Archives de Dorian Gray
Je dois avouer apprécier les séries télévisuelles (même si je n’en regarde que très peu) où il est question d’enquête. La grande majorité d’entre elles sont britanniques, cependant j’aime bien FBI : Portés Disparus et aimant jouer avec les langues, je prononce plutôt « Efbéhi » à la place de FBI pour la CIA se sente moins seule d’être prononcée à la française.
Le Federal Bureau of Investigation (Bureau Fédéral d’Investigation) et la Central Intelligence Agency (Agence Centrale de Renseignements) montrent que la langue française défie la logique.
Ces deux sigles, originaires des États-Unis, n’ont pas connu le même sort au sein de la langue française. En effet, on prononce FBI à l’anglaise (/ɛfbiːaɪ/ ou « effe-bi-ail ») et CIA à la française (soit /seia/ou « céhia »). Les sigles et acronymes d’origine étrangères ne sont généralement pas repris sous la forme française, contrairement aux sigles et acronymes internationaux (ONU, OTAN…) et gardent la même graphie. Cependant, rien n’indique s’il faut les prononcer à la française ou dans la langue d’origine.
Les médias ont certainement contribué à la propagation de la prononciation de ces deux sigles (entre autres), prononçant l’un à l’anglaise et l’autre à la française. FBI et CIA ne sont pas les seuls à subir une prononciation aléatoire parmi les sigles anglo-saxons : BBC, CNN, KO, MIT, MSN, OK, USA, VIP, WWF…
Les noms de chaînes de télévisions sont majoritairement prononcés à l’anglaise bien que MTV, diffusée sur les ondes françaises connaisse également une prononciation française.
Les termes informatiques sont pour la plupart prononcés à la française (IP, HTTP, WWW…).
D’autre sigles se prononcent aussi bien à la française qu’à l’anglaise comme VIP ou MIT.
Le français tolère assez mal les hiatus (succession de sons vocaliques) ; il semblerait plus simple et plus esthétique pour nous d’enchaîner les lettres FBI à l’anglaise plutôt qu’à la française. Outre l’habitude, nous aurions plus de facilité à prononcer /ɛfbiːaɪ/plutôt que /ɛfbei/. Cela pourrait également expliquer pourquoi nous prononçons CIA à la française, bien plus simple et limpide que /siːaɪeɪ/ (« si-aïe-eille »).
Il est également possible de penser que les médias choisissent arbitrairement la prononciation de ces sigles en les francisant ou non, selon ce qui sonne le « mieux » ou ce qui peut faire vendre. Ce n’est que par mimétisme que les francophones emploient telle ou telle prononciation. De ce fait, il n’y a réellement aucune règle ou indice qui permette de savoir si un sigle doit être prononcé dans sa langue d’origine ou en français.
Derrière les nuages, en journée, le ciel est bleu, c’est un fait. Pourquoi est-il bleu et non pourpre, kaki ou orange à pois jaunes parsemé de rayures fuchsia ?
L’atmosphère de la Terre n’y est pas pour rien. Sans cette dernière, nous verrions le ciel comme il est réellement, comme il est possible de le voir depuis la Lune ou n’importe quelle étoile : noir (dans le sens premier du terme, c’est-à-dire qu’il ne reflète pas la lumière). L’atmosphère de la Terre est composée de gaz, d’eau et de poussières. Elle est traversée pas les rayons du soleil. Le soleil diffuse de la lumière blanche ; elle est composée des trois couleurs primaires de façon homogène. Lorsque l’on regarde le spectre de la lumière de l’astre solaire, produit naturellement (arc-en-ciel) ou artificiellement, on remarque une succession de couleurs (rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, et violet).
Chaque couleur correspond à une longueur d’onde particulière. Ainsi, lorsque la lumière du soleil pénètre dans l’atmosphère, ce sont surtout les plus petites longueurs d’ondes (celles correspondant au bleu et au vert) qui interagissent avec les molécules présentes dans l’atmosphère et sont ainsi plus largement diffusées. Ce phénomène est nommé diffusion de Rayleigh.
En réalité, lorsque les rayons arrivent dans l’atmosphère, ils ont de très fortes chances de rencontrer une molécule. En la « percutant », plusieurs rayons sont diffusés dans tous les sens. Plus la longueur d’onde est élevée et moins le rayon est diffusé. C’est pour cela que le ciel a une dominante bleue. Selon la qualité de l’air, la nuance de bleu peut varier.
Le bleu n’est pas la seule couleur que nous attribuons au ciel. Durant les couchers de soleil, il apparaît également orange voire rouge. Lorsque le soleil est à l’horizon, il doit traverser une plus épaisse couche de l’atmosphère. La diffusion de Rayleigh s’opère également. Le temps que la lumière arrive à notre œil, les rayons bleus et verts ont déjà été disséminés, il ne reste qu’une dominante d’ondes correspondant au rouge et au orange.
Sources : Pixheaven
J’étais en train de mener des recherches sur Báthory Erzsébet, plus connue en France sous le nom d’Elizabeth Bathory. Elizabeth Bathory est une comtesse hongroise qui doit sa notoriété pour des actes peu reluisants. À la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, la comtesse battit, tortura et tua des jeunes femmes. Un article à son sujet verra peut-être le jour sur La Petite Encyclopédie.
Outre les connaissances que j’acquérais, une phrase attira mon attention sur la page Wikipédia de la Dame : « Dans la tournée « The Key » de la chanteuse Emilie Autumn, un des personnages accompagnant la chanteuse sur scène s’appelle « The Blessed Contessa » (La Contesse Bénie) et est décrit comme étant cannibale.« .
Ni d’une, ni deux, je n’ai à peine eu le temps de comprendre le sens de la phrase que mon esprit s’indigne de trouver la lettre N à la place de sa prédécesseure, la lettre M. Peu après, une réflexion me prit au dépourvu : « On met la lettre M devant « M », « B » et « P »" (donc, pas devant la lettre T). Cela a donné naissance à cette interrogation, pourquoi y a-t-il un « M » aux mots « comtesse », « comte » et « comté », et non un « N » ?
Un comte est un titre de noblesse situé entre le baron et le marquis. Le terme n’a néanmoins pas toujours été défini de la même façon à travers les âges. Au déclin de l’Empire Romain, certains sénateurs se voyaient attribuer ce titre. Après les invasions barbares, les comtes gouvernaient une division du royaume. Au Moyen-Âge, les comtes étaient des chargés du roi – dont certains étaient des militaires -, puis des fonctionnaires. Depuis, le mot « comte » a pris le sens que nous connaissons aujourd’hui.
Le mot « comte » et ses dérivés viennent du latin « comes », signifiant « compagnon ». En latin, certaines classes de mots – notamment les noms – se déclinent selon la fonction du mot dans la phrase. « Comes » fait partie des mots qui se déclinent. Alors que « comes » correspond au nominatif (sujet) ; au génitif (complément du nom), il apparait sous la forme « comitis » ; et à l’accusatif (complément d’objet direct), on le voit sous la forme « comites ».
De « comes », on trouve en ancien français le terme « cons », désignant les comtes. Durant le Moyen-Âge, quelques variantes ont été trouvées telles que « cante » (XIIe siècle), « conte » (début du XIIIe siècle) et enfin « comte » (XVe siècle).
Le féminin « comtesse » apparaît sous la forme « cuntesse » au XIIe siècle, formée à partir du latin médiéval « comitissa ». Le mot « comtesse » résulte du substantif « comte » auquel on a ajouté le suffixe « -esse » présent dans le mot « abbesse ».
Certaines formes ont pourtant un « N » avant la lettre T. On pourrait se demander pourquoi aujourd’hui, il y a toujours cette lettre « M » issue du latin. Ces mots peuvent avoir été « relatinisés » comme cela pouvait être le cas au XVIIe et XVIIIe siècle, recouvrant ainsi la lettre M initiale. Il est également probable que plusieurs formes de ces termes aient co-existé et qu’une seule ait perduré.
Sources : Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, Wiktionnaire, Wikipédia

