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Certains d’entre nous sont ou ont été familiarisés avec la musique (la flûte à bec du collège compte), étant adepte de cet art, il me faut avouer que certaines choses m’échappent encore un peu, comme ce fut le cas avec l’origine du nom des notes.
Aujourd’hui, en France, nous connaissons les notes de la gamme dans cet ordre : do, ré, mi, fa, sol, la et si. Mais il n’en a pas toujours été ainsi…
Dès l’Antiquité, le premier système de notation utilisait les lettres de l’alphabet. Ce système possède deux variantes et est encore de vigueur dans les pays anglo-saxons et germanophones. Dans ce système, les notes s’harmonisait comme suit :
| Variante anglo-saxonne |
Variante germanophone |
Correspondance |
|---|---|---|
| C | C | do |
| D | D | ré |
| E | E | mi |
| F | F | fa |
| G | G | sol |
| A | A | la |
| B | H | si |
Des siècles durant, la musique n’était pas écrite, mais uniquement improvisée. Ce n’est qu’à partir du Moyen-Âge qu’apparait la notation musicale notamment grâce à la notation neumatique. Dans les pays latins, nous devons une grande part de la notation moderne à Guido d’Arezzo, un moine bénédictin italien. Ce dernier enseignait le chant et cherchait un moyen de rendre l’apprentissage plus simple pour ses élèves, un système usant de moyens mnémotechniques. Il mit en place le nom des notes ainsi que le principe de portées actuel (hexacorde).
En 1028, pour nommer les notes de musique, il utilisa la première syllabe des vers du chant religieux « L’Hymne à Saint Jean-Baptiste », écrit par le moine italien Paul Diacre (aussi connu sous le nom de Paul Warnefred ou Warnefried) où chaque vers montait d’un ton. Les paroles étaient les suivantes :
Utqueant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum,
Solve polluti
Labii reatum,
Sancte Ioannes.
(Traduction : Afin que tes serviteurs puissent chanter tes merveilles à gorge déployée, purifie nos lèvres de toute souillure, ô Saint Jean.)
La gamme s’établit alors de la façon suivante : ut, ré, mi, fa, sol et la, ce qui est très proche de celle que nous connaissons.
Sa méthode connut un franc succès et améliora considérablement l’apprentissage de nouveaux chants. Il mit également en évidence le demi-ton naturel entre le « mi » et le « fa » et en prit compte dans la notation.
La note « si » apparaît à la fin du XVIe siècle grâce Anselme de Flandres, un moine français qui n’a fait que suivre l’exemple de Guido d’Arezzo avec le vers suivant :
Sancte Ioannes.
Il est coutume de croire qu’au XVIIe siècle Giovanni Maria Bononcini est à l’origine du « do », qui était bien plus simple à solfier, en prenant la première syllabe du nom du musicien italien Giovanni Battista Doni mais cela est inexact. L’utilisation du « do » à la place de « ut » se faisait déjà en 1536 dans l’œuvre de Pierre l’Arétin, un écrivain italien. Giovanni Battista Doni n’était pas encore né.
Qu’importe le nom que peuvent bien porter les notes de musique, le système de portées reste le même. À partir du moment où on sait le déchiffrer, partout dans le monde, il est possible d’interpréter ! D’ailleurs, il semblerait que la clé de sol soit issue d’un G auquel on aurait ajouté quelques fioritures.
Sources : Wikipedia

