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Dans une course, si je double le second, quelle sera ma position ? Premier ? Et bien non, je serai second. Voilà une devinette vieille comme le monde qui ne cesse de défier les jeunes (et les moins jeunes) esprits.
Cependant, certains jeunes esprits se demandent pourquoi « second », écrit avec la consonne C, se prononce /søgɔ̃/ (« segon ») et non pas /søkɔ̃/ (« sekon »). Leur curiosité titillée, ils ont soif de réponse !
Tout commence dans le monde romain avec le verbe « sequere » (suivre), qui donnera « secundus » (suivant). À l’époque, la prononciation de « secundus » comportait le son [k].
Le changement s’opère à la fin du IVe siècle et au début du Ve siècle. On assiste à une « sonorisation des sourdes intervocaliques », [k] devient [g] dans certains cas.
Qu’est-ce qu’une sonorisation des sourdes intervocaliques ? Commençons par le plus simple, « intervocalique » signifie « entre deux voyelles » (en terme de son).
Le reste n’est pas plus compliqué. Chaque son consonantique est défini par trois paramètres : son lieu d’articulation, son mode d’articulation et son voisement. Dans notre cas, [k] et [g] ne diffèrent que par leur voisement : [k] est une consonne sourde (non voisée) et [g] est une consonne sonore (voisée). En d’autres termes, en prononçant [g] vous faites vibrer vos cordes vocales. Ce n’est pas le cas du son [k].
Cela demande mois d’efforts d’employer le son [g] car les sons vocaliques sont par définition voisés. Ainsi, nous n’avons besoin de cesser de faire vibrer nos cordes vocales pour les refaire vibrer juste après. Dès lors, on ne prononce plus /søkɔ̃/ (« sekon ») mais /søgɔ̃/ (« segon »).
D’ailleurs, le mot « second » ne s’emploie pas nécessairement lorsqu’il n’y a pas de troisième. L’Académie Française nous livre ceci :
« Longtemps, second a été la forme la plus courante, et certains grammairiens prétendaient réserver l’usage de deuxième aux cas où la série comprenait plus de deux éléments ; lorsque l’emploi de second s’est fait plus rare, on a voulu le réduire aux cas où la série ne comprend que deux éléments. Littré, déjà, contestait cette distinction qui jamais ne s’est imposée dans l’usage, même chez les meilleurs auteurs.
L’unique différence d’emploi effective entre deuxième et second est que second appartient aujourd’hui à la langue soignée, et que seul deuxième entre dans la formation des ordinaux complexes (vingt-deuxième, etc.). »
Une dernière devinette pour clôturer cet article : je parle toujours le second et jamais le premier. Qui suis-je ?
Source : AF : Phonétique, les consonnes, Académie Française et Yahoo! Questions
Je dois avouer apprécier les séries télévisuelles (même si je n’en regarde que très peu) où il est question d’enquête. La grande majorité d’entre elles sont britanniques, cependant j’aime bien FBI : Portés Disparus et aimant jouer avec les langues, je prononce plutôt « Efbéhi » à la place de FBI pour la CIA se sente moins seule d’être prononcée à la française.
Le Federal Bureau of Investigation (Bureau Fédéral d’Investigation) et la Central Intelligence Agency (Agence Centrale de Renseignements) montrent que la langue française défie la logique.
Ces deux sigles, originaires des États-Unis, n’ont pas connu le même sort au sein de la langue française. En effet, on prononce FBI à l’anglaise (/ɛfbiːaɪ/ ou « effe-bi-ail ») et CIA à la française (soit /seia/ou « céhia »). Les sigles et acronymes d’origine étrangères ne sont généralement pas repris sous la forme française, contrairement aux sigles et acronymes internationaux (ONU, OTAN…) et gardent la même graphie. Cependant, rien n’indique s’il faut les prononcer à la française ou dans la langue d’origine.
Les médias ont certainement contribué à la propagation de la prononciation de ces deux sigles (entre autres), prononçant l’un à l’anglaise et l’autre à la française. FBI et CIA ne sont pas les seuls à subir une prononciation aléatoire parmi les sigles anglo-saxons : BBC, CNN, KO, MIT, MSN, OK, USA, VIP, WWF…
Les noms de chaînes de télévisions sont majoritairement prononcés à l’anglaise bien que MTV, diffusée sur les ondes françaises connaisse également une prononciation française.
Les termes informatiques sont pour la plupart prononcés à la française (IP, HTTP, WWW…).
D’autre sigles se prononcent aussi bien à la française qu’à l’anglaise comme VIP ou MIT.
Le français tolère assez mal les hiatus (succession de sons vocaliques) ; il semblerait plus simple et plus esthétique pour nous d’enchaîner les lettres FBI à l’anglaise plutôt qu’à la française. Outre l’habitude, nous aurions plus de facilité à prononcer /ɛfbiːaɪ/plutôt que /ɛfbei/. Cela pourrait également expliquer pourquoi nous prononçons CIA à la française, bien plus simple et limpide que /siːaɪeɪ/ (« si-aïe-eille »).
Il est également possible de penser que les médias choisissent arbitrairement la prononciation de ces sigles en les francisant ou non, selon ce qui sonne le « mieux » ou ce qui peut faire vendre. Ce n’est que par mimétisme que les francophones emploient telle ou telle prononciation. De ce fait, il n’y a réellement aucune règle ou indice qui permette de savoir si un sigle doit être prononcé dans sa langue d’origine ou en français.
Le Bluetooth est aujourd’hui dans le langage commun en ce qui concerne les réseaux de communication et les technologies nouvelles en général. Cette technologie est surtout rencontrée dans le domaine de la téléphonie mobile et permet d’établir des réseaux personnels sans fil.
Ceux qui ont quelques notions d’anglais peuvent reconnaître dans le mot « Bluetooth » l’association des mots « blue » et « tooth ». « Blue tooth » est la version anglaise de « dent bleue ». Il est légitime de se demander quel est le lien entre une dent bleue et la technologie sans fil.
Ce lien se nomme Harald Ier. Harald Ier était un roi danois au cours du Xe siècle. Son nom complet de souverain était Harald Ier Blåtand Gormsson (« Haraldr blátǫnn Gormsson » en vieux norrois). « Blåtand » (à prononcer /blotand/) signifie « dent bleue » ou « dent sombre ». Ce procédé imagé fut utilisé pour qualifier sa dentition dont on ne sait si elle fut gâtée ou s’il se damnait pour les airelles, des baies de couleur violine qui n’avaient pas leur pareil pour colorer les dents, le palais et la langue. Ce fut le seul cas où « blå » désignait « sombre ». Habituellement, en danois, « sombre » se dit « mørke » (à prononcer /mørke/ ["meurké" pour ceux qui ne connaissent pas l'Alphabet Phonétique International]).
Outre sa dentition peu familière, Harald Ier est resté dans les mémoires pour avoir christianisé mais également unifié le royaume du Danemark que son fils et successeur, Sven Ier à la barbe fourchue (« Sveinn Tjúguskegg » en vieux norrois), agrandit lors de son règne. Harald Ier Blåtand érigea à l’occasion les pierres de Jelling, écrites en runique, en l’honneur de l’unification du pays. Il y utilise le terme « Danemark » pour le désigner.
Près d’un millier d’année plus tard, l’entreprise suédoise Ericsson rendit hommage au souverain danois et à son action en attribuant le nom « Bluetooth » à sa nouvelle technologie sans fil. En effet, le Bluetooth permet de réunir bon nombre d’appareils dôtés de cette technologie. Afin de rendre hommage à Harald Ier et l’empreinte qu’il a laissée dans l’histoire du Danemark, le logo de Bluetooth arbore la lettre B en alphabet runique.
Sources : Wikipedia, Svenk Etymologisk Ordbok, Le Cercle Médiéval

