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Pourquoi y a-t-il un « M » dans le mot « comtesse » ?

J’étais en train de mener des recherches sur Báthory Erzsébet, plus connue en France sous le nom d’Elizabeth Bathory. Elizabeth Bathory est une comtesse hongroise qui doit sa notoriété pour des actes peu reluisants. À la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, la comtesse battit, tortura et tua des jeunes femmes. Un article à son sujet verra peut-être le jour sur La Petite Encyclopédie.

Outre les connaissances que j’acquérais, une phrase attira mon attention sur la page Wikipédia de la Dame : « Dans la tournée « The Key » de la chanteuse Emilie Autumn, un des personnages accompagnant la chanteuse sur scène s’appelle « The Blessed Contessa » (La Contesse Bénie) et est décrit comme étant cannibale.« .
Ni d’une, ni deux, je n’ai à peine eu le temps de comprendre le sens de la phrase que mon esprit s’indigne de trouver la lettre N à la place de sa prédécesseure, la lettre M. Peu après, une réflexion me prit au dépourvu : « On met la lettre M  devant « M », « B » et « P »" (donc, pas devant la lettre T). Cela a donné naissance à cette interrogation, pourquoi y a-t-il un « M » aux mots « comtesse », « comte » et « comté », et non un « N » ?

Un comte est un titre de noblesse situé entre le baron et le marquis. Le terme n’a néanmoins pas toujours été défini de la même façon à travers les âges. Au déclin de l’Empire Romain, certains sénateurs se voyaient attribuer ce titre. Après les invasions barbares, les comtes gouvernaient une division du royaume. Au Moyen-Âge, les comtes étaient des chargés du roi – dont certains étaient des militaires -, puis des fonctionnaires. Depuis, le mot « comte » a pris le sens que nous connaissons aujourd’hui.

Le mot « comte » et ses dérivés viennent du latin « comes », signifiant « compagnon ». En latin, certaines classes de mots – notamment les noms – se déclinent selon la fonction du mot dans la phrase. « Comes » fait partie des mots qui se déclinent. Alors que « comes » correspond au nominatif (sujet) ; au génitif (complément du nom), il apparait sous la forme « comitis » ; et à l’accusatif (complément d’objet direct), on le voit sous la forme « comites ».

De « comes », on trouve en ancien français le terme « cons », désignant les comtes. Durant le Moyen-Âge, quelques variantes ont été trouvées telles que « cante » (XIIe siècle), « conte » (début du XIIIe siècle) et enfin « comte » (XVe siècle).
Le féminin « comtesse » apparaît sous la forme « cuntesse » au XIIe siècle, formée à partir du latin médiéval « comitissa ». Le mot « comtesse » résulte du substantif « comte » auquel on a ajouté le suffixe « -esse » présent dans le mot « abbesse ».

Certaines formes ont pourtant un « N » avant la lettre T. On pourrait se demander pourquoi aujourd’hui, il y a toujours cette lettre « M » issue du latin. Ces mots peuvent avoir été « relatinisés » comme cela pouvait être le cas au XVIIe et XVIIIe siècle, recouvrant ainsi la lettre M initiale. Il est également probable que plusieurs formes de ces termes aient co-existé et qu’une seule ait perduré.

Sources : Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, Wiktionnaire, Wikipédia

Écrit-on « Autant pour moi » ou « Au temps pour moi » ?

Il est assez difficile de faire des fautes d’orthographes à l’oral. Effectivement, à l’oral, il n’y a aucune différence entre « autant pour moi » et « au temps pour moi ». En revanche, l’écrit nous affirme le contraire.

Les deux locutions s’utilisent mais pas dans le même contexte, car elles n’ont pas le même sens. « Autant pour moi » s’utilise dans une situation où une quantité est mise en jeu. Par exemple, vous êtes chez votre boulanger et le sympathique consommateur avant vous demande deux croissants. Vous souhaitez la même chose et votre tour arrive, c’est le moment de déclarer « autant pour moi ».

En revanche, lorsque vous concédez votre tort ou votre erreur, vous n’utiliserez pas « autant pour moi », mais « au temps pour moi ». Afin de comprendre la graphie de cette expression, il faut s’intéresser un peu au langage militaire. En effet, les militaires utilisaient l’expression « au temps » (exemple : « au temps pour les crosses ») comme étant un rappel à l’ordre et marquaient ainsi la reprise d’un mouvement à partir de son commencement.

Un temps est une unité de temps relative. C’est le « moment précis pendant lequel il faut faire certains mouvements qui sont distingués et séparés par des pauses ». Ce terme s’utilise également dans le jargon musical. En effet, lorsqu’un chef d’orchestre se trompait lors du changement d’un mouvement, il venait s’en excuser auprès de ses musiciens en citant « au temps pour moi ». Cela marquait la reprise du mouvement interrompu.

Hors de ces contextes, « au temps pour moi » est une métaphore de la concession et du fait de reconsidérer les choses depuis le début.

Dorénavant, si vous hésitez entre « autant pour moi » et « au temps pour moi », demandez-vous simplement ce que vous souhaitez exprimez. S’il s’agit d’une quantité dont vous en voulez autant, utilisez « autant pour moi » ; s’il s’agit d’une concession de votre part, utilisez « au temps pour moi ».

D’où vient le nom « cerf-volant » ?

Le terme « cerf-volant » désigne à la fois un coléoptère et un engin volant.

En ce qui concerne le coléoptère, connu également sous le nom de lucane, il fait directement référence au cervidé. En effet, les mandibules de l’insecte ressemblent aux bois d’un cerf. L’animal pouvant voler, le terme « cerf-volant » est, par conséquent, justifié.

Concernant l’invention venant de Chine, Jean Baptiste Bonaventure de Roquefort-Flaméricourt pensait qu’il y avait un rapport entre l’insecte et le jouet. Il écrivit dans son Dictionnaire Étymologique : « cerf-volant : sorte de scarabée ainsi appelé de son vol et de ses cornes ; par analogie on a donné le nom de cerf-volant à une carcasse d’osier recouverte de papier, avec des oreilles et une longue queue, que les enfants enlèvent en l’air au moyen d’une longue ficelle« . Il était dans l’erreur ; l’étymologie du jouet n’est pas liée à l’insecte, ni au mammifère.

En 1669 apparait la forme écrite « cerf-volant ». Cette forme découle de l’ancien français « serp-volante » formé à partir de l’occitan « sèrp-volanta » ou du provençal « serp-voulanto ». Ces trois termes signifient « serpent volant » en raison de la forme des premiers cerfs-volants, qui était semblable à un serpent ou un dragon. Le mot « serp » ayant disparu de la langue française, il fut remplacé par « cerf », un homophone. Cependant, il n’y a aucun lien avec l’animal cervidé.

En Scandinavie et Europe de l’Est, le « cerf-volant » fait toujours référence à un dragon ou un serpent.

Sources : Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, Wiktionnaire et Wikipedia.